Werner Engelmann
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Literarische Texte

Rapunzel und Ronald

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Märchen über Natur und Macht

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Raiponce et Ronald

 

Conte du 21e siècle de Werner Engelmann,

d'après le conte des frères Grimm

                                                                                                                                  2-1-2020

 

Il était une fois un méchant sorcier qui s'appelait Ronald. Il méprisait tous les hommes. Il n'aimait que soi-même et son pouvoir. Pour manifester sa puissance il fit construire des palais et des tours gigantesques et il leur donna son nom.

Il habitait dans un palais immense au milieu d'un jardin magique, et, lui seul, avait le droit d'y pénétrer. Là il y avait des plantes magiques les plus bizarres. Il en mangeait tous les jours pour maintenir sa force magique. Hélas, ses capacités d'expression étaient assez limitées.

Et il n'avait qu'un seul mot pour tout ce qui l'entourait. Alors il appelait ces plantes <raiponces>.

Il pérorait des jours entiers de louanges sur lui-même. Et il s'entourait de perroquets drôlement accoutrés de toutes les couleurs. Ceux-ci chuchotaient ses propres mots dans ses oreilles au long des jours, et ils les jacassaient dans le vaste monde pour sa gloire.

Quand il était furieux, il n'arrêtait pas de pérorer, jusqu'à ce que sa voix devienne stridente, et qu'il s'enroue et croasse. Alors les perroquets, effrayés, prenaient leur envol. Et pour ne pas tomber en disgrâce, ils volaient dans tous les sens autour de lui, en battant les ailes et en imitant sa voix.

Mais tout cela ne lui suffisait pas. Il voulait être le plus grand homme qui n'ait jamais vécu en ce monde, le plus vénéré par les hommes qu'il méprisait, comme cela n'a jamais existé.

Alors il promit à ses sujets de pouvoir prendre part à ce qu'il aimait par dessus tout:

la puissance et la gloire. Leur pays devait être le premier du monde, le plus grand qui ait jamais existé sur cette planète. Et ses sujets parcouraient le pays avec sa devise préférée: "Nous d'abord!". Et les perroquets la divulgaient en piaillant pour que tout le monde la perçoive.

Il voulait fonder un royaume qui dominerait le monde et survivrait mille ans et davantage.

 

Mais un jour, hélas, le méchant sorcier Ronald eut un cauchemar. Il prit conscience, dans son estime de soi démesurée et dans sa solitude, qu'il pouvait avoir tout ce qu'il voulait - à l'ex-ception d'une seule chose: Il ne pouvait pas tirer de son chapeau un descendant qui lui succèderait et règnerait dans son royaume.

C'était pour lui une pensée épouvantable, puisqu'il haïssait tout ce qui ne venait pas de lui-même. Il haïssait tous ceux qui se soumettaient à lui sans condition, et, plus encore, ceux qui lui résistaient, mais, plus que tout, les étrangers qui s'étaient réfugiés dans son royaume.

Et pour les intimider il avait fait construire un mur de plusieurs mètres de haut, tout autour, pour que, dans son royaume, tout le monde soit soumis uniquement à lui.

 

Pourtant, le sorcier Ronald avait besoin d'un enfant étranger comme successeur, pour qu'il perpétue sa gloire et sa puissance et l'immortalise.

Mais comment s'emparer d'un enfant qu'il pourrait considérer comme le sien?

 

Le hasard lui vint en aide. Il surprit, dans son jardin magique, un homme ramassant ses raiponces.

Il l'interpela, le gronda: <Que faites vous dans mon jardin!>

 

L'homme, effrayé, se jeta par terre devant lui et le supplia :

<Excusez mon forfait, seigneur. Je l'ai fait uniquement pour aller au secours de ma femme qui est couchée à la maison et attend un enfant ! Elle s'affaiblit de jour en jour, et elle devra mourir si elle ne peut pas être guérie par la force des raiponces.>

<Un enfant !> traversa la pensée du sorcier Ronald.

Et tout à coup, il se fit fort aimable:

<Alors, cher monsieur, nous voulons bien lui pardonner. Prenez donc dans mon jardin autant de raiponces qu'il lui en faudra.>

Mais il ajouta, d'une voix menaçante: <Cependant sous une condition: L'enfant que la femme mettra au monde sera à moi!>

Les genoux de l'homme se mirent à trembler lorsqu'il entendit ces mots: <Pitié, seigneur!>

<Pas de discussion!> ordonna le sorcier Ronald. <Son enfant ou il encourra la peine de mort!>

Alors l'homme accepta en se lamentant et s'en alla, tout étourdi et tremblant de peur.

 

Arriva le jour où la femme mit au monde son enfant. C'était une fille, et on l'appela <Greta> - la perle. Car c'était tout ce qu'ils possédaient: leur seul trésor.

Mais un jour, le petit lit de Greta fut vide.

La mère s'arracha les cheveux de désespoir. Alors son mari lui avoua qu'il avait cédé aux menaces du méchant sorcier par peur pour sa vie.

Pleins de chagrin, les parents quittèrent leur maison, et ils passaient leur vie sous la domination du méchant sorcier dans un de ses châteaux.

 

Le sorcier Ronald fit transporter le bébé dans son château. Puisqu'il ne connaissait même pas son nom, et puisque ses capacités d'expression étaient assez limitées, il lui donna le nom des plantes d'où il tirait sa force magique: < Raiponce>.

Il la confia à une nourrice, strictement surveillée, dans une partie isolée de son château.

Il jeta très rarement un coup d'oeil sur elle. Qu'aurait-il fait avec un si petit être humain, lui, qui méprisait tous les hommes ?

 

Mais la nourrice entoura l'enfant de soins et d'amour. Et quand la fillette eut atteint l'âge de raison, la nourrice se promenait souvent avec elle dans le jardin. Si elles trouvaient des herbes mortes ou des feuilles fanées prématurément, la nourrice secoua gravement la tête en gémissant : <Regarde, vois-tu les dégâts que causent les hommes malveillants, envoutés par le méchant sorcier, et qui mènent la guerre contre la nature ?>

 

Raiponce essayait de comprendre. Mais c'était difficile. Plus elle grandissait, plus cela la préoccupait.

Un jour, elle demanda au sorcier, pourquoi les hommes menaient la guerre contre la nature qu'elle aimait tant. <Blablabla!>, gronda-t-il. <Ne t'occupe pas de ces racontars! Les chinois les ont inventés car ils nous envient parce que nous sommes plus puissants et plus intelligents qu'eux.>

 

Mais Raiponce ne se satisfaisait pas de cette réponse. Et la nourrice lui apporta des livres sur la nature, entre autres des oeuvres scientifiques. La jeune fille les étudia avec ardeur et elle oublia ainsi sa solitude. Et plus elle étudiait, plus elle s'inquiétait de ce qu'il adviendrait aux hommes s'ils ne finissaient pas enfin la guerre contre la nature. Et elle devint de plus en plus triste et furieuse.

Raiponce n'avait pas encore seize ans, lorsqu'elle décida de se battre pour la nature.

Elle s'assit au seuil du palais du sorcier, avec un panneau sur lequel était écrit: <Grève pour la nature!> Et elle refusa de retourner au château.

 

Alors, le sorcier Ronald se mit en colère. Il rendit responsable de sa résistance la nourrice qu'il bannit de son royaume. Et il fit enfermer Raiponce dans une haute tour sans entrée où il n'y avait que deux petites lucarnes, placées très haut.

Et il l'ensorcela ainsi que ses cheveux.

Dès ce moment il s'occupa lui-même de la jeune fille. Et quand il cria en bas:

<Raiponce, Raiponce ! Descends-moi tes cheveux !> Alors les cheveux grandissaient et se glissaient jusqu'au sol de la tour, et le sorcier montait ainsi à la tour.

Et cela se passait jour après jour, semaine après semaine.

 

Mais entretemps, la nourrice n'était pas restée sans rien faire. Elle racontait le destin de Raiponce et parlait des malheurs de la nature, partout où elle passait. Et c'est ainsi que de plus en plus d'hommes se rassemblaient et se mirent d'accord pour ne plus tolérer les agissements de ce forcené. Et ils méditaient comment débarrasser le royaume de ce méchant sorcier et libérer la jeune fille de son emprise.

Heureusement la nourrice était de bon conseil. Elle avait épié le sorcier et appris sa formule magique qui lui servait pour accéder chez Raiponce.

 

Un jour - c'était le seizième anniversaire de la jeune fille - le sorcier était à nouveau occupé à pérorer et à se déchainer avec ses perroquets, lorsqu'une grande foule de jeunes gens s'approcha de la tour où Raiponce était prisonnière. Ils apportèrent une échelle de corde et portèrent des panneaux où était écrit: <Liberté pour Raiponce!> ou encore <Pour la nature!>.

Arrivée à la tour, la nourrice cria d'une voix forte:

<Raiponce, Raiponce ! Descends-moi tes cheveux !>

Raiponce reconnut immédiatement la voix de la nourrice, se précipita à la fenêtre avec joie, et se cheveux commencèrent à croitre. C'est ainsi qu'elle hissa la nourrice. Et, toutes les deux descendirent par l'échelle de corde.

Elles furent reçues par la foule avec des cris de joie. Et tous partirent en triomphe.

Réveillé en sursaut par ce bruit, le sorcier Ronald sortit précipitamment de son château. Mais c'était trop tard: Il ne récolta qu'un rire triomphant de la foule.

 

La nouvelle de la libération de Raiponce parcourut le monde. Et de plus en plus d'hommes se mirent en marche, soutenant ses exigences. Et il se forma un mouvement puissant partout dans le monde pour préserver la nature et la sauver de l'ignorance et des forces destruc-tives.

 

Le sorcier Ronald, par contre, ne cessait de se déchaîner et d'écumer d'indignation. Il avala des masses de raiponces, mais sa colère déchaînée leur fit perdre leurs effets magiques.

Il passa donc sa colère immense sur ses perroquets. Ceux-ci fulminèrent comme lui, volant dans les airs en poussant des cris agaçants. Et ils finirent par se crever les yeux les uns les autres, en aveuglant finalement aussi le sorcier Ronald.

 

Et s'ils ne sont pas tous morts, ils continuent à faire des ravages jusqu'à nos jours.

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